Voila une oeuvre qui me tiens à coeur... J'en suis l'artiste aussi!! Bref voila une partie de ma demarche je dis bien une partie ^^ donnez moi votre avis!
La peur de l'autre mène à la haine, la haine à la violence.
La violence autrement dit à la manifestation physique des sentiments de haine et de la peur.
La violence est un terme général employé pour décrire un COmportement agressif, non amical, non pacifiste, belligérant, ennemi, autrement dit une contrainte imposée, qui provoque la douleur, la peine.
On peut toutefois vivre ou du moins ressentir la violence comme étant une émotion qui se voit dépasser par l'intervention physique de l'homme sur son prochain ou sur lui même.
Ces trois sentiments sont donc intimement liés. L'un ne va pas sans l'autre. Tout comme l'Homme, foyer des émotions, est lié à celles-ci. On y peut rien, nous sommes humains, nous pouvons seulement les refouler... ou les exprimer. Nous avons conscience qu'elles existent. Nous en avons des manifestations chaque jour., en regardant la télévision, en écoutant la radio... ou en ressentant une œuvre d'art. Ces émotions sont présentes tant autour de nous, qu'en nous. Mais une fois que l'on ouvre le foyer de ces sentiments, l'Homme ne fait plus qu'un avec ses émotions.
La violence je la considère avant tout comme l'apothéose des sentiments. Un sentiment si puissant, si fort que l'Homme ne peut le contenir et ainsi doit l'exprimer. La violence est la dernière émotion, c'est celle qui est en symbiose avec l'homme. Elle devient manifestation physique du sentiment. L'Homme ne se contente plus de rire ou de pleurer, ou de faire une moue, il agit réellement sur son propre entourage. C'est une émotion pure qui se dégage de l'Homme. En soi la violence n'est pas belle ni jolie mais elle a le mérite d'être vraie.
L'Homme moderne s'est toujours masqué, et ainsi ne peut réellement montrer ses sentiments. Il est frustré, sclérosé de son temps.
Pourquoi ne pas faire ressortir ces émotions enfouies au plus profond de l'âme des hommes?
Ainsi l'Homme se sentirait moins frustré et enclin à subir le monde, car sans émotion on ne peut le vivre.
Je pense que l'Art doit servir l'Homme comme un moyen d'exprimer ces sentiments trop longtemps cachés et enfouis sous un masque. Chaque individu doit pouvoir par le biais de l'Art créer une œuvre qui lui permette d'extirper ses sentiments.
Je l'utilise à cet escient. Un moyen pour me défaire de ces sentiments masqués pouvant ressurgir et montre ou rappeler à l'homme qu'il est encore en grande partie animal.
Ainsi, dans la continuité de ces sentiments, la violence se devait être à la fois pure mais aussi d'une grande puissance visuelle et physique.
La violence est une émotion pure. Je voulais donc utiliser une couleur qui soit aussi pure que la violence. Une couleur primaire picturale qui devait être en rapport direct avec la violence, et qui montre son intensité extrême. Le rouge c'est la sang, c'est la révolution... c'est la violence.
Le rouge est ambivalent dans la symbolique occidentale :
* 'amour, la passion, le sang, l'érotisme, la génération, la régénérescence le phénix, la chaleur accueillante, 'appétit, la vie, la force vitale, la fête, le spectacle (décoration des théâtres et des opéras rouge et dorée), le luxe, la richesse, les émotions associées (timidité, plaisir, désir), l'amour divin.
* le diable (dans l'Égypte ancienne Seth, le destructeur, est en rouge), la luxure (couleur des maisons closes, des prostituées), la tentation, le feu, la destruction, la mort (le sang versé), la chaleur cuisante, les émotions associées ("rouge de colère", « voir rouge », l'égoïsme, la haine, l'amour infernal).
Le rouge est donc présent sous sa forme la plus pure.
La violence est une émotion qui vécue devient physique. La violence ne peut exister en tant que telle sans cette puissance physique. Puissance que j'ai retranscris avec la procédé d'Action Painting. L'acte physique est en même temps une « tache » dans la pureté de l'émotion qu 'elle dégage. Mais elle est indéniablement liée de cette pureté. Je me sert de ce procédé afin de donner une grande puissance physique à l'œuvre. Je ne reste donc pas « passif », et je peux par ce procédé moi aussi vivre ce sentiment par des gestes brutaux et vifs. Afin de permettre de tel mouvement, une musique « violente » elle aussi devait me permettre un tel degré d'acharnement physique.
Toujours dans la continuité des précédentes réalisations, une nouvelle fois des références au ready made de Duchamp sont à prendre en compte. La violence est donc présente ici sous sa forme la plus pure (le rouge) et de son aspect physique (par le procédé d'action painting). Les mots « violence » permettent le lien avec le Ready Made. Il n'est pas négligeable de répéter que dans ma démarche je ne considère pas comme ma propre création ces œuvres qui ne sont dues qu'à mes sentiments qui s'exprime par le biais de mes mains. Je ne fais qu'annoter à chaque œuvre le sentiment auquel elle est rapportée.
Toutefois il est à noter qu'un certain équilibre s'opère entre les traces de l'action painting et les mots « violence ».
Ainsi je puis dorénavant dire que la boucle est bouclée, à la manière d'un polyptyque, il faut un début, un milieu et une fin, sans oublier la « clé de voûte » qui sans elle, l'édifice ne tiendrais pas...